lundi 28 mars 2016

Les hypermarchés et supermarchés Rallye.



     Souvenirs de vacances au Château-d'Olonne, et les inévitables courses au Rallye...

Histoire de l'enseigne

     En 1945, un petit magasin à l'enseigne Rallye est créé à Brest, par Jean Cam et sa famille. Cependant, ce n'est qu'en 1968 qu'un premier hypermarché Rallye ouvre à Brest.

     En 1973, Michel Montlaur et Jean Cam s'associent et créent le GIE Montlaur-Rallye pour améliorer l'exploitation de leurs magasins. Trois ans plus tard, Rallye rejoint la centrale d'achat Socadip.

     En 1984, Genty et Rallye s'associent dans un GIE pour améliorer leurs achats. Rallye quitte alors la Socadip et adhère à la Di-Fra. L'année suivante, le groupe Rallye rachète les Coop de Bretagne.

     Rallye lance une OPA hostile, en 1988, sur La Ruche méridionale. Après plusieurs mois de bataille boursière, c'est finalement la Compagnie française d'Afrique occidentale (CFAO) qui emporte la mise. Un an plus tard, Rallye rachète la société de distribution Disque Bleu à Limoges dont 7 nouveaux hypermarchés (ex-Euromarché).

     En février 1990, le groupe Rallye acquiert 60 % de la société grenobloise Genty-Cathiard pour 1,65 milliard de francs. Le groupe récupère les hypers et supermarchés Genty ainsi que la chaîne d'articles de sports Go Sport.

     En 1991, Rallye est dans une situation financière délicate et se sépare d'activités "périphériques" pour se recentrer sur les supers et hypermarchés. En avril, après la cession de Burton à Eurodif, le groupe vend sa branche de gros, héritée des rachats du Disque Bleue et Genty Cathiard, à la Financière Marland
     Malgré cela, il est contraint de faire appel à des investisseurs pour voler à son secours. La société Euris, présidée par Jean-Charles Naouri, prend en juillet 50 % du holding familial de Rallye.

     En mai 1992, Rallye rachète trois magasins Euromarché au groupe Carrefour : les magasins de St-Michel sur Orge (91), Paris Masséna (75013) et Paris La Villette (75019).
     En juin, Casino annonce la prise de contrôle des activités de distribution et de restauration de Rallye (48 hypermarchés Rallye dont 4 en franchise, 196 supermarchés Rallye Super et 70 cafétérias Marest), financée par émission de nouvelles actions. Rallye SA (qui ne conserve que ses magasins de sport) se voit confier 30 % du nouveau capital de Casino (25 % des droits de vote). Les actifs cédés de Rallye sont ainsi évalués à 2,5 milliard de francs, auxquels s'ajoutent 1.2 milliard de dettes. Le nouveau groupe Casino-Rallye pèse désormais 65 milliards de francs de chiffre d'affaires et se hisse au 5ème rang des distributeurs alimentaires français. Il emploie 57 000 personnes et compte 101 hypermarchés, 480 supermarchés, 2 344 supérettes et 221 cafétérias.
     En octobre, les actionnaires du groupe, à l'exception de l'ancien président de Rallye Albert Cam, votent le rapprochement avec Casino.
     En novembre, les actionnaires de Casino se réunissent à Saint-Étienne et approuvent la reprise des activités de distribution de Rallye.

     En septembre 1993, après plusieurs mois de réflexion, Casino annonce le passage progressif des hypermarchés Rallye sous la nouvelle enseigne Géant. A cette occasion, le groupe dévoile de nouveaux logos et une nouvelle charte graphique. La direction de Casino annonce également la mise en vente de 21 Rallye Super déficitaires, jugés "indéfendables", situés dans le centre et l'ouest de la France. Les supermarchés restants situés en centre ville prendront l'enseigne Casino, tandis que ceux situés en périphérie conservent l'enseigne Rallye Super. En décembre, Casino conclut la vente de 12 supermarchés Rallye à Intermarché.


     En février 1994, Casino teste une nouvelle enseigne au format hard-discount, L'As des Prix, pour remplacer certains Rallye Super en difficultés. Deux magasins adoptent le concept : à St-Bonnet-de-Mure, près de Lyon (69) et puis en avril à la Tour du Pin (38).
     Le mois suivant, Corse distribution, déjà affilié de Casino depuis juin 1992, passe un accord avec le groupe stéphanois pour développer en franchise l'enseigne Rallye Super en Corse et dans le sud-est de la France. Plusieurs supermarchés du groupement, dont le Bravo de Six-Fours (Var), vont devenir des Rallye Super. L'année suivante, les ventes des Rallye Super continuent de fléchir par rapport à celles des supermarchés Casino. Le groupe stéphanois décide alors d'abandonner l'enseigne et de ne pas développer L'As des Prix, dont les résultats sont jugés décevants.

     En mai 2002, après plusieurs années de tractations juridiques pour son transfert, le dernier hypermarché Rallye, à Chambray-les-Tours, ferme définitivement ses portes. Un nouvel hypermarché ouvre sur la commune voisine de La Riche, sous l'enseigne Géant.

     Le dernier Rallye Super, à La Londe-les-Maures (Var), ferme ses portes en 2005, pour rouvrir sous l'enseigne Casino Supermarché. L'enseigne Rallye disparaît alors définitivement.

Liste des hypermarchés Rallye


Photos

  
Catalogue Jouets (décembre 1991)
  
Affaires monstres - 25 sept. / 5 octobre 1991
Rallye Château-d'Olonne - 1989
Rallye Château-d'Olonne - 1989
Arrivée des produits Casino chez Rallye - 1994

mardi 19 janvier 2016

Les hypermarchés Euromarché (1968-1994)


Histoire de l'enseigne

     En 1968, Raymond Berthault, le créateur de l'enseigne, ouvre le premier magasin Euromarché à Saint-Michel-sur-Orge (Essonne), avec six associés : Viniprix, Berthier Saveco, Copanor, Baud, la Beaujolaise et Disque Bleu.

     Deux ans plus tard, un nouveau magasin ouvre à Paris La Villette (75019), puis un an plus tard à Athis-Mons (Essonne).

     Dès 1972, Euromarché gère les hypermarchés Escale, appartenant à Printemps.

     En 1973, Euromarché s’attaque au marché international : ouverture à Barcelone d'un Hiper Euromarché de 13 000m². En Italie, Euromarché et La Standa créent une filiale commune : Euro-Standa, afin d'exploiter des hypermarchés à l'enseigne Euromercato.

     En 1974, les fondateurs d’Euromarché regroupent leur participations : Viniprix (45%), Berthier-Saveco (40%) et la Beaujolaise (15%). Un an plus tard, un second Hiper Euromarché est ouvert à Malaga (Espagne).


     En 1975, un Euromarché voit le jour à Montigny-le-Bretonneux, au milieu des champs près d’une voie ferrée : Saint-Quentin. Sa particularité est d’avoir une fontaine d’eau potable : ce puits artificiel est construit afin de faire concurrence au Monoprix de Bois-d’Arcy. En effet, les dirigeants de ce monoprix avaient décidé de poser une station d’eau potable suite à la découverte d’une source d’eau sur son site. Le slogan de cette opération était « Venez vous ressourcer ». Euromarché riposte en creusant jusqu’à atteindre la nappe phréatique afin d’avoir de l’eau potable et ériger une fontaine en surface. L’Euromarché sera finalement détruit en 1988 en application d’une loi.

     En 1976, le groupe Aubert (affilié à la Sapac, du groupe Printemps) cède ses deux Euromarché d’Orléans et Perpignan à Auchan.

     En 1977, les participants à Euromarché (Viniprix, Berthier-Saveco et La Beaujolaise-Vegaprix) détiennent 64% d’Euromarché, tandis que le Printemps en possède 24 %. La même année Euromarché lance 66 produits Orange. Ce sont ses premiers produits à marque distributeur.

     En 1978, les trois hypermarchés GEM de Goulet-Turpin (Reims-Tinqueux, Sens et Epernay-Pierry) prennent l’enseigne Euromarché.Dès le 29 juin, Euromarché est introduit à la Bourse de Paris. L’enseigne compte alors 39 magasins représentant un chiffre d’affaire de cinq milliards de francs. Cette même année, Euromarché lance les Voyages Orange, vendus en libre-service dans ses magasins.

     L'année suivante, Euromarché lance son magazine de programmes télévisés : Télé-Orange.

     En novembre 1980, l’Euromarché d’Évry est le tout premier magasin en France à pouvoir lire les codes barres avec un scanner optique. Premier article scanné : des galettes de Fouesnant.
     La même année, Euromarché créé sa chaîne de restauration Éris.

     En 1981 est nommé à la tête du groupe Antoine Bernheim (1924-2012).

      Le 29 Août 1984 est inauguré l’Euromarché du site "Grand but", à Lomme. Une zone commerciale est en projet autour de ce magasin. Cette zone commerciale devait s'articuler autour d'un parc d'attraction : ce dernier ne se fera pas et laissera place à une zone de loisir verdoyante devenu un endroit judicieux pour organiser des festivités.. Le centre commercial du "Grand But' représente 17 600m², et l’Euromarché prend 10 411 m². 312 salariés sont recrutés avec 28 agents de maîtrises et neuf cadres sous la direction de Rémi Devaux. L’Euromarché est implanté dans la zone ouest, ce qui lui offre des atouts au vu de la zone Est et Nord qui est déjà bien équipée en hyper et supermarchés.
     La même année, Euromarché reprend la surface que libère La Samaritaine au centre commercial Rosny 2 (Seine-Saint-Denis).

     Ensuite, en 1986, Euromarché reprend un magasin Rond-Point (groupe Coop), qui deviendra Carrefour en 1992. Côté bricolage, Bricorama est racheté par Euromarché dès octobre 1986, ce qui entraînera la suppression de l’enseigne Euroloisirs (24 magasins), deux ans plus tard,  pour laisser place à Bricorama.

     En avril 1989, Euromarché fait part d'un résultat net en forte baisse sur 1988 : 159 millions de francs (pour un chiffre d'affaires de 22,9 milliards) contre 228 millions de francs en 1987.
     En novembre 1989, Le groupe Rallye rachète la société Disque bleu (4,5 milliards de francs de chiffre d'affaires) qui possède sept Euromarché (Bordeaux, Limoges, Brive, Aurillac, Millau, Carcassonne, Angoulême). Euromarché perd ainsi ces sept magasins.


     En mars 1990, l'enseigne Euromarché s’enfonce dans les difficultés. Antoine Bernheim annonce alors une perte nette (part du groupe) de près de 60 millions de francs sur 1989, pour un chiffre d'affaires de 24,2 milliards de francs. C'est principalement Bricorama qui est pointé du doigt, avec une perte consolidée de 90 millions de francs. En juin, Antoine Bernheim est toutefois réélu à la présidence d'Euromarché, malgré l'opposition des actionnaires du Printemps.

     En avril 1991, l'enseigne connait un léger retour aux bénéfices : 5,5 millions de francs en 1990 pour un chiffre d’affaires de 25,3 milliards de francs. Avec la vente de neuf magasins en 1990, Bricorama a perdu moins d’argent, n'enregistrant "que" 9,3 millions de francs de perte. Euromarché a du financer 19 millions de francs correspondant à sa part de remboursement de dettes laissées par le dépôt de bilan de Codec, aux adhérents de la centrale d'achats, la SOCADIP.
     En mai, l’hypermarché de Franconville (Val d'Oise), appartenant à un affilié, dépose le bilan. Parallèlement, Antoine Bernheim engage des discussions pour la vente d'Euromarché au groupe Printemps.
     Le 24 juin, à la surprise générale, Carrefour, qui s'était déjà emparé de Montlaur en mars, rachète Euromarché. Pour 5,2 milliards de francs, le groupe de Michel Bon acquiert 77 hypermarchés (dont 23 affiliés), 47 magasins Bricorama (dont 17 affiliés) et 57 cafétérias Éris (dont 14 affiliés), représentant un chiffre d'affaires consolidé de 34 milliards de francs.
     Le 23 juillet de la même année, la centrale d'achats SOCADIP est dissoute suite aux départs de Codec (racheté par Promodès), d'Euromarché (racheté par Carrefour) et des Nouvelles Galeries (rachetées par les Galeries Lafayette).
      En septembre, Carrefour déclare ne vouloir conserver qu'une trentaine d'Euromarché pour les passer sous son enseigne et se séparer des autres.
     Le 31 octobreEuromarché annonce un déficit record sur le premier semestre 1991 : 225 millions de francs de perte d'exploitation auxquels s'ajoute une perte exceptionnelle de 1,041 milliard liée à l'adoption des règles comptables de Carrefour.
     Le 15 novembre, l'hypermarché d'Avignon (8 500 m²) sera le premier d'une longue série à adopter l'enseigne Carrefour.

Publicité pour le magasin Euromarché de Charleville-Mézières.
     En janvier 1992, Les Docks de France (enseigne Mammouth) signent un accord avec le groupe Bresson (affilié à Euromarché) : ils reprennent trois magasins et trois autres sont franchisés.
     En février, Carrefour prend une participation de 50 % dans le capital du groupe Colin qui gère 2 Euromarché, à Brest et Paris-Bercy. Il s'assure ainsi que ces deux hypermarchés prennent son enseigne. Dans le même temps, 7 petits Euromarché sont vendus : ceux de Luxueil, Ham, Longwy, Bar-le-Duc et Belfort à l'Alsacienne de Supermarchés (enseigne Mammouth), celui de Beaune aux Comptoirs modernes (Stoc) et celui de Levallois-Perret à Leclerc.
     En mars, Castorama rachète Bricorama mais ne conserve que sept gros magasins sur les trente appartenant au groupe. Il revend ensuite l'enseigne et la majorité des magasins au groupe Batkor. Le mois suivant, les six Euromarché affiliés des Dom-Tom rejoignent le groupe Promodès pour prendre l'enseigne Continent.
     En juin, Carrefour vend 3 Euromarché au groupe Rallye : St-Michel sur Orge (91), Paris Masséna (75013) et Paris La Villette (75019).

     En janvier 1993, Carrefour cède la chaîne de cafétérias Éris au groupe Phenix Richelieu pour 120 millions d'euros.
     N'ayant pas réussi à le revendre, Carrefour ferme en juillet l'Euromarché de Nancy , déficitaire depuis son ouverture en 1983, et supprime ainsi 58 emplois.
     En décembre, Carrefour cède au groupe Hyparlo (franchisé Continent) l'Euromarché de Thiers dans le Puy-de-Dôme. En mars 1994, l'hypermarché de Thiers sera le dernier à abandonner l'enseigne Euromarché après celui de Niort en février.

     Dès la rentrée de septembre 1994, la cotation des actions Euromarché est suspendue après le dépôt d'une offre publique de retrait par Carrefour. En décembre, les actions Euromarché seront retirées définitivement du marché boursier, Carrefour ayant acquis 99,99 % du capital.

Euromarché Riyad
     Jusqu'en 2009, un Euromarché subsistera, celui de Fort-de-France (Martinique), appartenant à un franchisé. En 2009, il passera sous l'enseigne Carrefour.

     En 2015, un dernier Euromarché existe toujours, appartenant lui aussi à un franchisé. Il se trouve à Riyad, en Arabie Saoudite.







Liste des magasins (1991)

Slogan
« Une nouvelle race de magasins » (années 70-80)
« D'abord, vous rendre service » (années 90)

Photos

Euromarché Boussy St Antoine
Euromarché Boussy St-Antoine (91)
Euromarché Reims / Tinqueux (51)
Euromarché Trappes / St-Quentin-en-Yvelines (78)
Panneau d'indication Euromarché Nancy
Carte de France des Euromarché, en 1981.
Disparition Euromarché Epinal (mars 1992).
Euromarché Fort-de-France (Martinique).
Entrée Euromarché Fort-de-France (Martinique).

mercredi 30 décembre 2015

Supermarchés Suma (1959-1998)



     Maman me disait souvent : va donc me cherche tel truc à Suma. J'étais encore un gosse, mais je me souviens que je n'avait qu'à descendre l'escalier qui longeait le bloc pour arriver directement sur le parking de Suma. C'était devenu depuis quelques années un Champion, mais le nom Suma restait dans l'esprit des gens. Aujourd'hui, c'est devenu un Lidl. Mais ceci est une autre histoire.

Supermarché Suma Meinau Strasbourg (vers 1960)

Histoire de l'enseigne

     Le 9 octobre 1959, ouverture du tout premier supermarché Suma, à Strasbourg (500 m²) par la Société alsacienne de gestion et d'exploitation. Créé par Robert Jung, patron des Grandes Galeries de Strasbourg et des Grands magasins Jung, il est alors le premier supermarché de province et le quatrième sur le territoire français.

     En 1960, lorsque Robert Jung rejoint Docks de France et Goulet-Turpin en adhérant à la centrale d'achats Paridoc, il cède l'enseigne Suma pour un franc symbolique à Paridoc. En décembre, les Comptoirs modernes ouvrent leur premier supermarché Suma au Mans (dans la Sarthe). Trois ans plus tard, la Société alsacienne de gestion et d'exploitation change de nom, et devient la Société Alsacienne de Supermarchés (SASM).

     Le 1er septembre 1966, Goulet-Turpin ouvre son premier supermarché Suma, à Saint-Cyr-l’École (dans les Yvelines), après un premier test réussi de transformation en mai sur son Express-Marché de Rueil-Plateau. 16 autres supermarchés appartenant au succursaliste rémois prendront également l'enseigne Suma, soit lors de transformation, soit dès leur ouverture.
L'année suivante,  les Docks de France ouvrent en janvier un hypermarché Super Suma de 2 650 m², à Montfermeil (Seine-Saint-Denis).

     1971 : Goulet-Turpin abandonne l'enseigne Suma pour ses supermarchés.


     1978 : Le supermarché Suma de Parly 2 (Yvelines) s'équipe de caisses à lecture optique.

     En avril 1981, alors que les Comptoirs modernes ont quitté la centrale d'achats Paridoc depuis presque un an, les 153 supermarchés Suma des Comptoirs modernes adoptent l'enseigne Stoc.

     Un an plus tard, les Docks de France testent leur propre chaîne de supermarchés, baptisée Atac. Après validation du concept (apparence dépouillée, assortiment réduit, faibles investissements, frais d'exploitation allégés), la nouvelle enseigne va, trois ans plus tard, se substituer progressivement à celle de Suma pour les supermarchés détenus par le groupe.

En avril 1985, Casino rachète la Cedis de Besançon (7,5 milliards de francs de chiffre d'affaires) avec notamment 18 hypermarchés Mammouth et 116 supermarchés Suma et Ravi.

En janvier 1990, les Docks de France prennent une participation minoritaire dans le capital de la Société alsacienne de supermarchés (SASM).

En juin 1993, La SASM, qui détient notamment 49 supermarchés Suma, passe sous le contrôle des Docks de France moyennant 1,7 milliard de francs déboursés par le groupe tourangeau.

Entre 1994 et 1996, les Docks de France procèdent au passage sous enseigne Atac de 45 supermarchés Suma de la SASM.

En novembre 1998, le dernier supermarché Suma, situé à Strasbourg, prend l'enseigne Atac, après réduction de sa surface.

Liste des magasins (1994)


Publicités et objets

Logo Suma (années 70/80)

Coupon pour l'ouverture de Suma Paris 13ème (septembre 1970)

Supermarchés Stoc (1967-2000)


     Pour ce premier article, je vais vous parler de la chaine de supermarchés Stoc. Je me souviens surtout du magasin Stoc de Nouzonville (dans les Ardennes) que j'ai très bien connu, devenu ensuite Champion, puis Carrefour Market.

Histoire de l'enseigne
En août 1928, est créée, au Mans (dans la Sarthe), la société des Comptoirs modernes, par Léopold Gouloumès, détaillant à Reims et Guillaume Plassart, grossiste à Brest.

Le 2 avril 1929, un premier magasin Comptoirs modernes ouvre au Mans. Neuf ans plus tard, les Comptoirs modernes comptent déjà 300 succursales.

1960 : Léopold Gouloumès décède. En décembre, les Comptoirs modernes ouvrent leur premier supermarché (900 m² à Ronceray, près du Mans), sous l'enseigne Suma. L'enseigne toute juste naissante, appartient à la centrale d'achats Paridoc. Elle sera développée par plusieurs groupes succursalistes dans toute la France. Un an plus tard, les Comptoirs Modernes participent à la création de la nouvelle enseigne de Paridoc : Magasins J.

En 1965, la société Comptoirs modernes est introduite à la bourse de Paris.

Le magasin Stoc de Laval, en 1998.
1967 : Ouverture du premier supermarché Stoc à Belleville (Rhône), créé par les établissements Badin-Defforey, dont faisait partie Denis Defforey, cofondateur du groupe Carrefour. A l'époque, l'enseigne Stoc est utilisée dans la région Rhône-Alpes et les magasins sont approvisionnés à partir de Saint-Sorlin-en-Bugey, près de Lagnieu.

1968 : Les Comptoirs modernes ouvrent au Mans leur premier hypermarché, à l'enseigne Record, via la filiale Sogramo, détenue à parité avec les Établissements Decré de Nantes.

En 1971, les Établissements Decré perdent leur participation (soit 49,95%) dans la Sogramo, au profit de Carrefour. Suite à ce changement d'actionnariat, les deux hypermarchés Record, des Comptoirs modernes, passent sous enseigne Carrefour.
Le magasin Stoc Les Maillets (1998)

1977 : Les Comptoirs modernes réussissent leur OPA sur l’Économique de Rennes.

1978 : Rapprochement des Comptoirs modernes et de l'Union commerciale de Meaux. Les Comptoirs modernes comptent alors 1 175 magasins dont :
- 12 hypermarchés Carrefour
- 153 supermarchés Suma
- 315 supermarchés et supérettes Comod.

L'année suivante, les Comptoirs modernes rachètent les établissements Badin-Defforey (et donc le nom Stoc).

1980 : Les Comptoirs modernes décident de quitter la centrale d'achats Paridoc. Conséquence directe : les supermarchés Suma des Comptoirs modernes adoptent l'enseigne Stoc le 1er avril 1981.

1984 : Carrefour détient désormais 15% des Comptoirs modernes. Le groupe réalise alors 10 milliards de francs de chiffre d'affaires avec ses 9 Carrefour, 180 Stoc et 950 Comod.
Une page se tourne l'année suivante : Raymond Gouloumès, fils de Léopold Gouloumès, prend sa retraite à la tête du groupe et laisse sa place à Jean-Claude Plassart.

1988 : Une gamme de 200 produits, de marque Stoc, est lancée. Dans le même temps, les Comptoirs modernes reprennent les magasins Radar des Économiques de Normandie et de Nord-Est Alimentation.

1989 : En novembre, les Comptoirs modernes rachète le distributeur Major-Unidis, basé à Bourges, pour 1,4 milliard de francs.

1991 : Les Comptoirs modernes-Economiques de Rennes rachètent 7 magasins Conquérant (4 dans la Manche et 3 dans le Calvados), qui étaient auparavant affiliés au groupe Promodès.

En octobre 1992, les 92 supermarchés Major prennent l'enseigne Stoc (suite au rachat de Major-Unidis, en 1989). Stoc devient alors la cinquième chaîne française de supermarchés avec 333 magasins, présents dans 53 départements.

Le 29 septembre 1993, Les 7 supermarchés Conquérant de Normandie adoptent à leur tour l'enseigne Stoc.

En décembre 1996, Stoc teste sa carte de fidélité, la carte Iris.

1997 :
     - mars : La carte de fidélité Iris est généralisée à tous les supermarchés Stoc.
     - septembre : Suite à la disparition de la centrale d'achats Paridoc, les groupements Coop Atlantique, Guyenne & Gascogne et Chareton s'affilient aux Comptoirs modernes pour leurs 59 supermarchés.
     - décembre : Comptoirs modernes achète à Delhaize le Lion 50 % du capital des supermarchés PG (37 intégrés et 10 affiliés).
Lors de cette année 1997, le chiffre d'affaires des Comptoirs modernes s'élève à 32,74 milliards de francs (dont 72,3 % réalisé par la division Stoc).

1998 :
     - janvier : Les 39 supermarchés Atac de Coop Atlantique passent, eux-aussi, sous enseigne Stoc.
     - février : Guyenne & Gascogne transforme ses 15 magasins Atac en supermarchés Stoc.
     - mars : Les 5 supermarchés Atac de Chareton deviennent à leur tour Stoc.
     - août : Carrefour lance une OPA amicale sur les Comptoirs modernes et s'empare de plus de 700 supermarchés et supérettes aux enseignes Stoc, Comod et Marché Plus. Montant de l'opération : près de 19 milliards de francs.
     - novembre : Les 37 supermarchés PG intégrés prennent l'enseigne Stoc.
     - décembre : Le groupe Comptoirs modernes acquiert 23 supermarchés au Brésil, détenus par Lojas Americanas. 18 deviennent Stoc et 5 Carrefour.

1999 :
     - mars : Tandis que le groupe voit sa côte boursière suspendue suite à l'OPA de Carrefour, Comptoirs modernes fait état d'un chiffre d'affaires de 37,153 milliards de francs en 1998 et un résultat net part du groupe de 652,66 millions de francs (soit une hausse de 18,3%).
     - mai : Suite à l'offre publique de retrait (OPR) lancée en avril sur les Comptoirs modernes, Carrefour détient 99,23 % du capital de sa nouvelle filiale.
     - juin : Comptoirs modernes s'empare de 16 supermarchés Planaltao au Brésil.
Quand les magasins Stoc deviennent Champion... (2000)
     - juillet : Comptoirs modernes rachète la chaîne brésilienne Mineirao, dont 33 supermarchés, portant à 81 son nombre de points de vente au Brésil.
     - novembre : Fusion entre Carrefour et Promodès. Philippe Pauze, le directeur de la branche supermarchés du groupe Carrefour / Comptoirs modernes, annonce la disparition de l'enseigne Stoc au profit de Champion pour la fin de l'année 2000.

2000 :
     - mai : L'opération de changement d'enseigne des 488 supermarchés Stoc français débute, à raison de 25 par semaine en moyenne. La plupart des supermarchés Stoc passent sous l'enseigne Champion. Cependant, certains magasins, trop petits (moins de 1 000 m²), deviennent des Shopi.
     - novembre : Les derniers supermarchés Stoc disparaissent du paysage de la distribution française. L'enseigne Champion compte désormais plus de 1 000 supermarchés dans l'Hexagone.

Le parc de magasins
Nombre de magasins Stoc au
1er septembre de l'année
1997 1998 1999 2000
Supermarchés (< 2 500 m2) 369 426 464 174
Hypermarchés (> 2 500 m2) 17 22 23 6
Total des magasins 386 448 487 180

Slogan
« Chez Stoc, un client c'est sacré. »
Ce slogan sera repris plus tard pour les magasins Champion.

Publicités et objets

Catalogue de la carte de fidélité Iris (mars-août 1997)

Catalogue de l'Anniversaire Stoc (Du 6 au 15 mars 1997)
Jeu de taquin, distribué dans les magasins Stoc.

Publicité pour les 70 ans des Comptoirs modernes (1998)